Carnets d’atelier #1

Quand une sculpture existe déjà

On me demande parfois d’où viennent les personnages que je sculpte.

La vérité est que je les vois souvent avant même de toucher la terre.

Ce n’est pas une image parfaitement nette. C’est d’abord une présence. Un regard. Une expression. Une époque parfois. Comme si un être attendait silencieusement que je lui donne une matière pour apparaître.

Je ne travaille pas à partir d’un modèle. Je ne cherche pas à reproduire un visage existant. Je poursuis plutôt une sensation intérieure.

Pendant que mes mains façonnent la terre, ce personnage se révèle peu à peu. Il résiste parfois, me surprend souvent. Il m’oblige à ralentir, à écouter ce que je ressens plus que ce que je vois.

Il m’arrive d’avoir l’impression que cette personne fait déjà partie de moi. Comme si elle avait toujours été là, discrète, attendant simplement son heure.

Lorsque la sculpture est terminée, un sentiment étrange m’envahit. Je n’ai pas l’impression d’avoir inventé quelqu’un. J’ai plutôt le sentiment d’avoir fait une rencontre. Comme si je découvrais une part de moi qui ne demandait qu’à être révélée.

Peut-être est-ce pour cela que chacune de mes sculptures porte une histoire, même lorsqu’elle demeure silencieuse.

Car derrière chaque visage, il y a une émotion. Et derrière chaque émotion, il y a un fragment de nous-mêmes.


« Chaque sculpture est une rencontre. Peut-être avec un personnage… peut-être avec une part de moi-même. »

Véronique DUMONT

A suivre…

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